Côte d’Ivoire : 61 ans d’indépendance agricole, gloire soit rendue au monde rural

La Côte d’Ivoire est riche de la diversité des pratiques et des productions agricoles. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, la production du café, du cacao, de l’hévéa, du palmier à huile, du riz, de l’igname, de la banane, de l’anacarde, du coton…contribue à la stabilité économique et sociale du pays. L’aventure avec ces intrépides paysans ivoiriens commence officiellement en 1944, avec le Syndicat agricole africain (SAA). Le jeune médecin-planteur d’alors, Félix Houphouët-Boigny, avec ses pairs Fulgence Brou, Djibril Diaby, Joseph Anoma, Gabriel Dadié, Georges Kassi, Amadou Lamine Touré et Kouamé N’Guessan mettaient déjà les pieds dans l’histoire en fondant le Syndicat agricole africain. Ce regroupement syndical sera à la base de l’indépendance politique et économique de la Côte d’Ivoire. Depuis lors, comme la pierre angulaire de la fondation, les braves paysans assument la pleine responsabilité de piédestal de l’économie ivoirienne. Au fil des années de durs labeurs, ces braves bras dans cette pluralité de difficultés ont bâti la mère patrie. Sans être des ingénieurs en ponts et chaussées ou grands travaux, ils ont contribué grâce à leurs productions massives aux constructions des routes, ponts, bâtiments administratifs de notre pays. Ils travaillent dur, des heures durant sans relâche. Laboureurs tenaces, dans leur train-train quotidien, ils quittent le village, dès l’aube, et marchent, marchent… des kilomètres, sous la rosée matinale, exposés aux serpents venimeux, aux scorpions … pour atteindre leurs champs. Sous un soleil de plomb, ils y travaillent avec du matériel antique. Pour s’abreuver, ils partagent l’eau des marigots, rivières et autres puits avec les animaux de tout genre. Quelles sont ces personnes qui, dans nos villes, peuvent avoir plus d’intensité de travail qu’eux, tout en vivant dans des conditions aussi précaires ? Pour toute récompense, assis à des milliers de kilomètres d’eux, les roitelets des pouvoirs, dans les salons douillets, fixent à leur guise le prix d’achat des fruits de leurs durs labeurs. A vil prix, ils les achètent  et les revendent à prix d’or à l’Occident. Le bénéfice réalisé leur sert de fortune pour rouler carrosse, manger du caviar, mener une vie de byzantin. Le citadin devra comprendre que s’il existe, c’est bien grâce aux cultivateurs qui ont accepté leur condition de vie sociale. Ces valeureux paysans et cultivateurs, le Président Félix Houphouët-Boigny, en son temps, dans presque tous ses discours, leur rendait hommage. On doit les célébrer en masse. Lui-même planteur, il a créé la «Coupe nationale du progrès», pour motiver ces acteurs  du monde agricole. Cette compétition, soutenue par les médias d’Etat, au-delà de son aspect festif, formait, informait, conseillait et aidait surtout au bien-être des masses rurales. La Coupe nationale du progrès  a reçu  l’assentiment des populations paysannes. Elle se déroulait  en phases éliminatoires départementales et régionales. Après cela, une finale à l’échelon national est programmée pour récompenser les meilleurs paysans, la meilleure communauté rurale et les meilleurs exploitants agricoles. Feux Sansan Kouao (Niablé), Bléhoué Aka (Aboisso) et le patriarche de Yao Koffikro (Gagnoa), le Doyen Yao Koffi, pour ne citer que ceux-la, ont été révélés aux populations ivoiriennes grâce à cette compétition agricole. Depuis la disparution du Président Félix Houphouët-Boigny, cette célébration du monde paysan a été rangée aux calendes grecques. Bonne nouvelle, elle vient d’être ressuscitée par le Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Kobenan Adjoumani. «Pour célébrer tous les acteurs de la chaîne de valeur agricole, je pense qu’il est plus que jamais nécessaire de relancer les activités de la Coupe nationale du progrès qui sera l’occasion de valoriser davantage le métier d’agriculteur. Très bientôt, nous sommes en train d’y réfléchir, nous allons renouer avec la Coupe nationale du progrès. Mais cette fois-ci on va ajouter du progrès agricole », a-t-il annoncé  lors  des Awards des sociétés coopératives à l’occasion de la célébration de l’édition 2021 de la journée internationale des coopératives. Si la promesse est tenue, ce sera un grand pas vers la réparation de cette injustice faite aux planteurs. Mais la plus belle façon de les célébrer, c’est d’abord de valoriser leur travail en rehaussant le prix d’achat de leurs productions. Au pied du mur, le Ministre Kobenan Adjoumani sera-t-il le maçon tant attendu par le monde rural ? Surtout qu’en Côte d’Ivoire, on a toujours dit que : « Le succès de ce pays repose sur l’Agriculture». 

Par Félix N’GUESSAN

leave a reply