Togo / Lomé : Une cité moderne au coeur de l’Afrique de l’Ouest

Lomé (autrefois en allemand : Lome) est la capitale du Togo. Elle se situe dans l’extrême sud-ouest du pays, le long du littoral du golfe de Guinée. Officiellement, l’agglomération comptait 1.477.660 habitants et la ville 837.437 habitants selon le recensement de 2010.

Son agglomération se développe jusqu’à la frontière avec le Ghana, située à quelques centaines de mètres à l’ouest du centre-ville, jusqu’à la ville ghanéenne d’Aflao et le district de Ketu sud, qui comptait 160.756 habitants en 2010. L’agglomération transfrontalière dont Lomé est le cœur comptait environ 1,8 million habitants en 2020.

Lomé n’est ni une ville « coloniale » construite et établie par les puissances coloniales, ni une « ville traditionnelle», dont les racines villageoises seraient encore inscrites dans les structures et les processus urbains. Elle fut fondée par les Ewes à la fin du xixe siècle pour le commerce.

Lomé mêle la tradition avec l’animisme (marché des féticheurs) et la modernité, illustrée par les hôtels de luxe et des bâtiments bancaires.

Peuplement de Lomé

La ville fut fondée par les Ewes (un peuple d’Afrique de l’ouest vivant principalement au sud-est du Ghana et au sud du Togo) au xixe siècle. Son nom vient de Alotimé qui en éwé signifie « au milieu des plantes d’alo » (l’alo est un arbre dont le tronc est encore aujourd’hui la principale source de cure-dent au Sud-Togo). Le chasseur Dzitri qui fut le fondateur de la ville s’était en effet installé à l’intérieur de ces arbres qui dominaient alors le site historique de Lomé.

À la fin du xixe siècle, les taxes douanières britanniques pèsent très lourdement sur les produits importés, comme les alcools et le tabac. Les commerçants de la région située entre Aflao et Keta, dans l’est de la colonie britannique de la Côte de l’Or (c’est-à-dire des Éwés maritimes, ou Anlo) avaient donc besoin d’un lieu où débarquer les marchandises hors d’atteinte des douaniers britanniques. C’est donc dans un souci d’échapper aux impôts britanniques que Lomé naquit vers 1880. Le littoral jusqu’alors peu habité commença rapidement à se peupler.

Les Ewes furent rapidement rejoints par des compagnies européennes, britanniques et surtout allemandes, ainsi que par des marchands itinérants de l’intérieur des terres, comme les caravanes Haoussa venues des routes de la cola.

Beaucoup de personnes furent donc attirées par le nouveau pôle économique que représentait Lomé. La croissance rapide de la ville s’en trouva renforcée et Lomé eu rapidement la réputation d’un lieu où on fait de bonnes affaires.

Architecture

Le centre-ville date du début du xxe siècle. On y trouve quelques restes d’architecture coloniale, comme le palais des gouverneurs ou la cathédrale du Sacré-Cœur, de style néo-gothique allemand.

On trouve aussi de nombreux bâtiments modernes comme le siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), de la Banque togolaise pour le commerce et l’industrie (BTCI), le magnifique édifice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou encore des édifices à vocation hôtelière comme l’hôtel de la Paix, l’hôtel Mercure Sarakawa, l’hôtel Palm Beach ou le célèbre hôtel du 2 Février, édifice moderniste mêlant béton et panneaux de verre, culminant à 102 mètres avec 36 étages et plus haut immeuble du Togo.

Non loin de là se trouve le Grand marché, avec une halle de trois étages. Au premier étage se trouve le royaume des célèbres «Nana Benz», vendeuses de multiples pagnes fabriqués sur place, en Europe ou en Inde.

À l’ouest de la ville, se trouve un quartier résidentiel qui, face à la mer, déploie de longues artères, ponctués de bâtiments officiels tels que le Palais de Justice et les divers ambassades et consulats.

Plus au nord, au côté du monument de l’Indépendance, se trouve le siège du Rassemblement du peuple togolais (RPT) ainsi qu’un important palais des congrès.

Plus excentré, par rapport au centre de la ville, on trouve à Akodésséwa un marché beaucoup plus spécialisé que le grand marché et pour cause, c’est celui le marché des féticheurs. On y trouve donc fétiches, gongons, gris-gris.

Le port de Lomé dessert la plupart des pays enclavés du Sahel, surtout depuis les problèmes politiques qu’à connu la Côte d’Ivoire.

Transports

Pour le transport urbain, il y a quelques taxis, mais ce sont les motos-taxi (zémidjans) qui sont les plus utilisés.

La ville qui ne disposait plus de desserte ferroviaire depuis 1997, voit depuis 2014 le retour de trains, disposant d’une gare neuve : ceux de Blueline Togo, du groupe français international Bolloré. Le train inaugural, le 26 avril 2014, a circulé sur la courte distance Lomé-Cacavéli. La livraison d’une liaison Lomé-Cotonou, dans le cadre d’un projet de boucle ferroviaire (Lomé-Cotonou-Niamey-Ouagadougou-Abidjan) est attendu pour 2024.

L’aéroport international de Lomé-Tokoin, aussi nommé Gnassingbé-Eyadema, est situé à cinq kilomètres au nord-est du centre-ville (mairie).

Éducation

La ville compte une université publique, l’université de Lomé, réputée en Afrique de l’Ouest et des universités privées, comme l’université des sciences et technologies du Togo et un campus de l’université catholique de l’Afrique de l’Ouest. Il y a aussi des instituts supérieurs privés, comme l’École africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme, l’École supérieure baptiste de théologie de l’Afrique de l’Ouest, la Faculté de théologie des Assemblées de Dieu et l’Institut supérieur de philosophie et des sciences humaines Don Bosco.

N’Guessan Félix

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